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Martyr de la Démocratie |
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Suisse, 12.2007; Entré en Suisse comme requérant d'asile il y a 25 ans, cet Angolais d'origine a en effet été élu en octobre dernier pour représenter le canton de Berne sous la Coupole fédérale. Cela au terme d'une campagne électorale dont la virulence a fait couler beaucoup d'encre et a suscité l'inquiétude jusque dans la presse internationale.
«Le coup de pied donné au mouton noir était tellement violent qu'il a projeté Ricardo jusqu'au Palais fédéral», résume Alain Sermet, membre socialiste du Parlement de la ville de Bienne et collègue de parti de Ricardo Lumengo.
Pour qualifier la campagne de l'UDC et l'affiche sur laquelle des moutons blancs expulsaient un mouton noir du territoire suisse, le nouvel élu n'a qu'un mot: «Dégoûtant».
Fuyant un pays où il faisait partie de l'aile critique du parti au pouvoir, le MPLA (Mouvement de libération de l'Angola, ancienne colonie portugaise), Ricardo Lumengo a d'abord cherché refuge au Portugal, où cependant il ne se sentait pas en sécurité. Pour pouvoir poursuivre ses activités politiques à l'extérieur de son pays et lutter pour le rétablissement de la démocratie en Angola, il a finalement demandé l'asile en Suisse.
«Il est clair que si j'arrivais aujourd'hui, je ne ferais pas le chemin que j'ai fait. A l'époque, il y avait la possibilité de travailler pour les requérants, c'était le plein-emploi. Les barrières administratives étaient moins nombreuses», explique-t-il. S'il garde une image «formidable» de la Suisse d'alors, il avoue néanmoins que celle-ci a «un peu changé» avec les années.
«Les gens étaient plus ouverts. Quand je faisais de l'auto-stop par exemple, on s'arrêtait facilement et on me posait des questions sur l'Afrique. Aujourd'hui, un jeune Africain au bord d'une route suscite plutôt la méfiance, pour des raisons liées à la criminalité», témoigne le nouvel élu, naturalisé suisse en 1997. Contre le chômage des jeunes
«J'ai des contacts avec lui surtout par le biais du Courrier socialiste. Il écrit de temps à autre, comme les autres membres, et je traduis ces textes en allemand. Or il lui est arrivé de corriger mes traductions», raconte Niklaus Baltzer, président du PS de la Ville de Bienne.
A Bienne, ville bilingue où il travaille notamment pour le centre d'intégration interculturel Multimondo, il se sent donc chez lui. Siégeant au Parlement de la ville depuis 2005 et au Législatif du canton de Berne depuis 2006 deux mandats qu'il abandonnera pour se consacrer à sa nouvelle fonction - Ricardo Lumengo insiste sur sa volonté de défendre sa région au Parlement fédéral.
Au chapitre de ses combats politiques, il cite par ailleurs la formation, la facilitation de l'accès à l'enseignement, la délinquance et le chômage des jeunes, y compris ceux qui ont suivi des études supérieures. «Il faut améliorer les liens entre le marché de l'emploi et l'enseignement», plaide-t-il, conscient de ce que toute expérience de l'exclusion peut avoir de destructeur.
Une façon de régler ses comptes avec son seul ennemi déclaré, le Parti de la liberté (PdL) de Jürg Scherrer, chef de la police biennoise.
Récemment, la Cour suprême bernoise a d'ailleurs donné tort au PdL, qui avait dévié l'adresse internet www.lumengo.ch sur son blog, où le socialiste noir faisait l'objet de vives critiques.
A l'époque où «Blocher s'appelait Schwarzenbach» et où les femmes venaient d'obtenir le droit de vote et d'éligibilité, en 1971, Tilo Frey avait quant à elle été la première Africaine à entrer au Palais fédéral sous les couleurs du parti radical.
A Ricardo Lumengo, elle conseille de «ne pas s'occuper des préjugés raciaux, de faire au mieux selon son honnêteté et de toujours sourire. Car le chien aboie et la caravane passe!», rappelle-t-elle en lui souhaitant le meilleur.
swissinfo, Carole Wälti |
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Un 'mouton noir' au Palais fédéral Ancien requérant
d'asile, Ricardo Lumengo a été élu à la
Chambre basse lors des élections d'octobre. Arrivé d'Angola
en 1982, il va représenter le canton de Berne. Le parcours de Ricardo Lumengo a quelque chose d'une «success story». Un de ces parcours semés d'embûches qui permettent à un homme de s'affirmer, tel que les affectionnent ses adversaires politiques, Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste) en tête. |
| Ricardo Lumengo, un député en herbe déterminé à porter le débat au Parlement Suisse |
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