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DISAIT: Mfulumpinga Nlandu Victor |
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RD:Congo;
Mawete parle du Budget de l'état Angolais aux médias Congolais
" Nous avons été dans des situations difficiles,
mais nous nous sommes dits : cest notre pays, cest notre
nation, cest nôtre intérêt, cest notre
souveraineté. Seuls les Angolais ont le droit dapprécier
si ce qui vient de la Chine et qui nest pas associé aux
droits de lhomme et à la bonne gouvernance peut servir
au non ! " * Sur Kahemba : " Dabord, Kahemba, cest
un territoire congolais. Nous, en Angola, nous navons pas Kahemba.
Mais, les gens se sont attardés je ne sais pendant combien de
temps pour soccuper de ce problème qui, dès le départ,
était juste un projet pour torpiller le cadre des relations que
nous maintenons aujourdhui
Ambassadeur dAngola en RDC : J.B. Mawete : « Nous devons avoir un sens dindépendance soutenu » Mercredi 12 décembre 2007. 11h00. Ambassade dAngola, sur le Bld du 30 juin. Joâo Batista Mawete reçoit dans ses bureaux une équipe du Groupe de Presse LAvenir : Simon Kabamba de la Radio, Richard Shako et le cameraman Serge Kimbila de la Télévision, Omer Nsongo die Lema de « LAvenir Quotidien ». Au menu de lentretien : les sujets de politique intérieure angolaise et de coopération entre lAngola et la RDC avec un coup dil sur le passé, une observation des faits présents et une projection des faits à venir. Une heure durant, tout y passe : épisode Savimbi et Mobutu, présence angolaise aux côtés de la RDC depuis 1996, Kahemba, pétrole du littoral, contrats avec la Chine, guerre de lEst, élections en Angola et même sports. La première question est juste une déduction pour un pays qui vient de loin, très loin même après 500 ans presque de colonisation et 32 ans dIndépendance dont 27 marqués de guerre civile Joâo Batista Mawete (JBM) : Effectivement, nous venons de très loin, compte tenu des circonstances qui ont entouré notre indépendance, de cette guerre qui a duré plus de 25 ans. Il y a eu ( ) des opérations doccupation raciste, la destruction des infrastructures économiques et sociales du pays, la mort de plus de 500 mille compatriotes, les mutilés que lon compte à près de 100 mille et la perte de près de 30 milliards de dollars, selon les calculs faits. Nous navons pas calculé ici ce que représente une année de travail que vous devez multiplier par 25 ans. Cest énorme, le prix que nous avons payé pour arriver à la célébration ( ) du 11 novembre passé. Aujourdhui, cest avec enthousiasme et satisfaction que nous arrivons à présenter devant notre population et devant la communauté internationale un budget qui soit en mesure de nos besoins pour la reconstruction économique et sociale, reconstruction que nous avons engagée et qui court son terme avec la transformation du pays en un chantier gigantesque. Nous avons des travaux partout, sur toute létendue du territoire national, selon la volonté de notre Président, Edouardo Dos Santos, et la volonté du peuple angolais. Il y a surtout celle du parti ( ) dans son travail de conscientiser les populations parce que sans le travail du parti, il est difficile, en un si court laps de temps, dêtre à même dexpliquer et de faire comprendre aux populations toute cette période que nous avons passée, les conditions que nous avons vécues et qui font quaujourdhui la réconciliation nationale et la reconstruction économique et sociale se marient dans une symbiose qui nous donne lespérance quant à lavenir proche et lointain. Ce qui veut dire que le champ est ouvert et large. Un champ où, chacun, selon ses possibilités, devra poser sa pierre pour que la construction de lédifice soit en mesure de nos projets et en mesure de nos besoins, cela dans un pays où, selon le Plan quinquennal, nous avançons vers lélimination des maladies et de la pauvreté pour enfin atteindre le seuil déradication complète de la pauvreté dici à lhorizon 2025. Groupe de Presse LAvenir (GPA) : Excellence, nous y reviendrons. Nous estimons cependant quil est important de faire parler le passé. Serions-nous dans lerreur si nous avancions que la mort de M. Savimbi aura été un facteur déterminant dans lavènement de la paix en Angola ? JBM : Malheureusement, je le dis bien et je le répète : malheureusement, si cet homme-là avait mis son intelligence à la disposition du pays, aujourdhui lAngola serait très avancée dans le cadre de sa reconstruction. Mais, encore une fois, cet homme, qui nous a énormément retardés, a mis son savoir-faire pour la destruction du pays, la destruction des villes, des populations. Il a miné les routes, détruit les ponts et tout ce qui était infrastructures économiques et sociales ; allant chercher des armes, des munitions et des mines partout pour endeuiller son propre peuple. Cest le bilan que nous déplorons, mais cest peut-être ça lerreur de ceux qui ne voulaient pas voir lAngola sédifier et atteindre le niveau quelle a aujourdhui. On remarque le retard avec lequel nous avons initié laction salvatrice et historique. Savimbi avait lui-même refusé de céder à des conditions lui proposées par le Président Eduardo Dos Santos qui était soit de réintégrer la société avec les avantages conséquents, soit de poursuivre les combats avec possibilité dêtre arrêté, jugé et condamné ou dy mourir. Il a choisi la dernière formule : mourir au combat ! Comme lAngola est une nation qui se veut préparée pour sa défense, Savimbi est finalement mort au combat. Aujourdhui, cest une personne complètement effacée de nos mémoires parce que nous voulons, nous, aller plutôt de lavant. GPA : Dans votre discours de circonstance, vous avez mis en exergue la question cabindaise. Vous navez cependant dit mot de lUnita, le dernier mouvement insurrectionnel à devenir une organisation politique classique. Serait-ce parce que lUnita a été absorbé pour ne pas dire domestiquée par le Pouvoir Mpla ? On ne lentend plus ! JBM : LUnita, cest un parti politique angolais qui est sur place. Il est à lAssemblée nationale ; il est au Gouvernement (parce que nous avons un Gouvernement dunité nationale). Il dirige certaines provinces (dans le cadre des négociations, il a été convenu que certains membres de lUnita soient nommés au poste de gouverneur). Ses ex-combattants sont ( ) dans les Forces armées avec des officiers supérieurs. Cest ce que nous appelons le cadre strictement angolais. Nous nous voyons tous dans un ensemble cohérent en termes dunité, quelle que soit aujourdhui la tendance que peuvent prendre non seulement lUnita, mais aussi dautres formations politiques nées après le discours de La Baule en France, discours ayant consacré la période multipartite comme étant la période indiquée pour la démocratisation en Afrique. Je dirais : tous ces partis-là travaillent pour la promotion de notre pays, pour la promotion de la défense de lIndépendance nationale et pour lavènement de la démocratie agissante. Donc, lUnita est une force qui nest pas exclue. Cest une force qui est sur place, qui travaille, qui mobilise et qui sengage aussi à concourir ( ) au vote au même moment que dautres formations politiques. Ce nest pas un élément à comparer au sel qui, ayant touché un peu deau, se dissout ; non ! Elle a son opinion au sein de la population. Tout ce que nous avons toujours voulu, cest que nos discussions autour des principales questions du pays se fassent au sein des institutions et non au bout du canon pour, encore une fois, endeuiller des populations qui ont énormément souffert des guerres. GPA : LAngola avait eu un contentieux avec le Congo, à lépoque Zaïre, en raison du soutien du Pouvoir Mobutu au Fnla, à lUnita et même, en ce qui concerne le Cabinda, au Flec. Aujourdhui, quest-ce que cette page dhistoire vous inspire-t-elle ? JBM : Malheureusement ( ), nous Africains, nous ne réalisons pas, depuis lère de nos indépendances, quavec nos querelles sèches, sans substance, sans lait, nous avons énormément perdu un temps que nous ne pouvons plus récupérer. Cette période noire nest plus de mise dans notre discours daujourdhui. Cest mieux de le laisser derrière parce que ça ne nous rapporte rien. Au contraire, nous voulons mettre en relief la coopération. Nous voulons y travailler positivement. La République Démocratique du Congo est un pays extrêmement riche. ( ) Nous aussi, avec ce que nous avons, nous sommes un pays riche. Nous avons, par exemple, des terres fertiles non travaillées depuis des siècles. Nous voulons la promotion de tous ces aspects positifs au niveau économique, au niveau social. Nous voulons ce mariage entre nous afin que nous allions de lavant, dans la promotion économique de nos pays et de notre sous-région. Il y a énormément de pas à franchir, énormément de conditions à réunir en raison de ce que nous renfermons comme potentiels. Je crois que nous devons beaucoup plus concentrer notre attention sur ces conditions quà aller vers un passé noir GAP : LAngola, qui sest mise du côté de la RDC depuis 1996, prend une part active dans la normalisation du fonctionnement de lEtat congolais. Après la guerre, elle sest investie tour à tour dans la tenue du Dialogue intercongolais, dans la gestion institutionnelle du 1+4 au sein du Ciat, dans lorganisation matérielle des élections et maintenant dans le développement. Trop daltruisme napparaît-il pas suspect ? JBM : Je madresse à lopinion congolaise. Lorsquun pays voisin réalise des actions positives dans le vôtre, en quoi celles-ci peuvent-elles devenir suspectes ? Je viens de vous le dire : nous sommes deux pays dotés de grandes potentialités. Ces potentialités restent-là pendant que les populations sont en train de vivre soit affamées, soit avec des maladies nous laissées par la colonisation Sans interdépendance, quest-ce que nous devons faire ? Chacun doit-il retourner dans son coin ? Ou doit-on chercher la collaboration, instituer linterdépendance pour que les réalisations communes profitent à nos populations ! Comme Congolais, je ne mimagine pas la nature de cette question ; mais moi, comme Angolais, jaspire à ce que nous soyons ensemble pour lutter contre les maladies, contre la pauvreté ; à lutter pour la promotion de léducation, de la formation. Vous avez, ici au Congo, heureusement développé un système denseignement qui vous aide à former des centaines de milliers de jeunes, chaque année, comme gradués, licenciés, docteurs. Nous voulons aussi lavoir parce que la seule façon de vaincre la pauvreté et le sous-développement, cest lenseignement et la formation. Si nous mettons ces valeurs à notre portée, à notre disposition, que ne pourrions-nous pas faire ensemble ! Nous sommes deux pays liés par le destin. Personne ne peut nous séparer, à moins dune catastrophe naturelle qui détruirait tout ce que nous avons en commun. Or, nous ne croyons pas que cette catastrophe soit possible. Les eaux qui se croisent dans nos frontières, les forêts que nous avons ensemble, le kimberlite que nous avons ensemble, pensez-vous quils soient en mesure de nous séparer alors que pendant des siècles et des siècles, nos populations ont toujours vécu ensemble ? Voyons cette maison (ndlr : ambassade). Si, par exemple, elle était à la frontière, elle aurait son salon au Congo et sa chambre en Angola. Est-ce que vous êtes capable de la séparer ? Quand vous trouvez dans des familles loncle angolais, le petit-fils congolais, qui peut séparer ce genre de liens historiques et familiaux qui se sont noués ? Impossible ! Donc, vous et nous, Angolais et Congolais, ce que nous devons faire, cest de travailler dans le sens de notre promotion ensemble. Ce qui est fait dans larmée, cest pour la paix et la sécurité dans notre ensemble. Ce qui est fait au niveau de léconomie, cest pour la promotion de notre sous-région. Ce qui est fait au niveau de léducation et de la culture, cest pour effacer le passé colonial que nous avons vécu ensemble. Que ce soit chez vous avec les Belges ou chez nous avec les Portugais, cest le même colonialisme ; les mêmes méthodes. La vérité que nous avons sur le terrain est là : la pauvreté bien que nous ayons des pays extrêmement riches devons-nous nous enfermer chacun dans son coin parce que cest angolais, cest congolais ? Etre angolais, être congolais a pour objectif dêtre ennemi ? Non ! Nous devons être à lécart de ce que pensent ceux qui sont loin et qui veulent nous diviser. Ils ont toujours dit dans leur adage : « pour que nous soyons forts, il faut que nous divisions ceux qui sont-là ! ». Cest ce que nous avons vécu. Si jai refusé de métendre sur le passé difficile que nous avons eu ensemble, cest parce quil y a une situation positive que nous conjuguons ensemble au niveau de nos chefs dEtat, au niveau de nos ministres, au niveau de nos chefs dEtat-major de larmée (vous avez appris que le chef dEtat-major général des Fardc était à Luanda). Ce sont ces aspects qui nous intéressent plus mais qui dérangent ceux qui veulent nous distraire jusquà inventer cette histoire de Kahemba. Cest dans le sens de nous diviser Est-ce quil y a Kahemba ? Dabord, Kahemba, cest un territoire congolais. Nous, en Angola, nous navons pas Kahemba. Mais, les gens se sont attardés je ne sais pendant combien de temps pour soccuper de ce problème qui, dès le départ, était juste un projet pour torpiller le cadre des relations que nous maintenons aujourdhui GPA : Parlons justement de Kahemba. Il y a eu, récemment, déplacement au Portugal et en Belgique de deux délégations dAngola et de la RDC pour consulter les archives coloniales. Concrètement, quel en a été le résultat ? JBM : Je nétais pas de la délégation. Mais, je peux au moins vous dire que cest nul ! Cétait une invention pour torpiller nos relations. Confronté à des réalités cartographiques devant ceux qui en fait la diffusion, tout le monde est rentré convaincu quil ny avait pas de quoi salarmer outre mesure. Vous laurez dailleurs remarqué : depuis le retour de la délégation, il ny a plus de débat, plus de discussion sur ce point. Mais, combien de temps navez-vous pas perdu ? Combien de millions navez-vous pas perdu, simplement parce que quelquun a jugé bon de mettre une tâche noire là où il doit y avoir entente ? Des millions qui devraient être disponibles pour léducation, la santé, le développement ! Or, nous Angolais, nous ne voulons plus perdre de temps. Nous tenons à consacrer chaque minute, chaque heure à promouvoir les actions économiques et sociales. GPA : Au cours dune des précédentes cérémonies de Fête nationale dAngola, cest avec fierté que vous aviez annoncé pour près dune dizaine de milliards de dollars Us les prévisions budgétaires de votre pays. Dimanche 11 novembre dernier, on sattendait à vous voir indiquer les mêmes prévisions pour 2008. Pourquoi vous vous en êtes abstenu ? Serait-ce pour ne pas gêner la RDC qui saffiche péniblement avec ses 3,3 milliards ? JBM : Le Congo est un grand pays. Jai confiance en son avenir, surtout avec le programme, les idées et la philosophe du Président Joseph Kabila, philosophie que vous avez analysée à partir de son discours sur lEtat de la nation (ndlr : du 6 décembre 2007). Je fonde mon espoir sur tout ce quil entreprend comme travail. Gouvernants et gouvernés sont appelés à changer de mentalité, changer la façon de voir les choses, la façon de vivre. Il faut changer la démarche. Ce que les autorités congolaises sont en train de faire en ce moment je vous lassure avec le temps (ils sont à peine une année au Pouvoir) vous allez en voir la consistance dans les trois ou quatre, une consistance qui va changer progressivement la réalité de la RDC. Je ne voudrais pas marcher sur les pas de la minimisation dune Nation. Le Congo est deux fois plus grand que lAngola avec une population quatre fois plus grande aussi. Ce sont des atouts. Pour répondre à votre question, notre budget est de Usd 33 milliards. Cest notre budget à nous, cest notre caisse à nous, avec la collaboration de ceux qui veulent bien financer nos projets économiques et sociaux. Voilà comment nous pensons que notre indépendance justifie notre décision de mettre sur la table tous les projets de développement, du social à léconomie, et comment nous voulons démarrer notre processus de transformation de lAngola pour éliminer la faim, la misère, les maladies ; lambition étant de donner le minimum à tout angolais dans le cadre de sa vie journalière. Nous nous sommes fixés des objectifs. Ceux-ci peuvent être atteints sous limpulsion et avec la philosophie du Président Eduardo Dos Santos. Ils sont en train dêtre préparés en ce moment. Par exemple : la construction des routes (le pays avait des problèmes sérieux en la matière), la construction des hôpitaux (pour répondre aux besoins des malades), la lutte contre les maladies endémiques (Sida, malaria, tuberculose), la défense de la santé des enfants etc. Sur le plan économique, la réalité que nous avons est que les banques naissent presque tous les mois (parce que sans banque, léconomie est nulle), les industries de même (je ne parle pas de pétrole avec Sonangol qui est désormais capable de défendre notre destinée). Dans le cadre des mines, nos diamant, or, fer sont en pleine exploitation. Notre industrie de pêche et notre agriculture connaissent un essor remarquable. Bref, nous avons un champ ouvert qui nous permet dassocier toutes les dividendes pour avoir un budget en mesure de favoriser la réalisation de bon nombre de nos projets. GPA : Dans la même allocution, vous avez relevé que lAngola réalise des grands projets socio-économiques grâce aux lignes de crédit substantielles de la Chine, de lInde et du Brésil. Or, pour avoir signé des accords avec la Chine, la RDC a été mise à lindex par certains pays occidentaux et certaines institutions communautaires dobédience occidentale. Est-ce que lAngola subit-elle le même genre de pression ? JBM : Si vous voyez que je suis en train de rire un peu, cest parce que nous devons nous défendre. Nous devons avoir un sens dindépendance soutenu pour ne pas nous retrouver au point de départ, cest-à-dire sous la colonisation ou quelque chose de semblable. Nous autres, qui avons trop souffert avec le sang pour arracher lindépendance, nous sommes fiers de décider de notre sort. Quand nous nous mettons ensemble pour analyser les intérêts qui nous lient au niveau de la Nation, nous nassocions personne Ainsi, lorsque nous avions décidé de négocier avec lUnita, nous lavions fait dans un cadre strictement national. Aujourdhui, cest tout le monde qui bénéficie de cette politique. Nous avons été confrontés à des situations difficiles liées à la fin de la guerre, au désarmement, à la démobilisation. La même situation que vous connaissez au Congo. Nous avons eu à faire face à un flux 4 millions de déplacés à lintérieur du pays associés à près de 500 mille réfugiés. Devant ce cortège des difficultés engendrées par une guerre qui nous a été imposée dans le cadre de la confrontation Est/Ouest, le monde savait quen Angola il y a une portion de ressources dont peut-être les gens avaient besoin : pétrole, diamant, cuivre, or, étain etc. Des ressources qui contribuent à la promotion économique et sociale de ceux qui se considèrent comme des grands. Nous leur avons dit : aidez-nous à résoudre les problèmes sociaux que nous avions parce que nous devrions démobiliser près de 80 mille éléments armés de lUnita, assurer le retour de 4 millions de déplacés et de près dun demi million de réfugiés. Certains décideurs nous avons carrément dit : pas dargent ! Nous avons voulu quil y ait une conférence internationale des donateurs pour nous aider à avoir des moyens ; on nous a dit : pas de conférence. Et même dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour un prêt, on nous envoyait soit à Paris, soit à Washington, mais sans résultat. Certains nous disaient même : vous êtes riches. Devant ce scénario clair, cette manifestation sentant lhostilité, que devrions-nous faire ? Croiser les bras et regarder le ciel ? Quelque part, on dit : « Dieu, aide-moi. Mais Lui-même Dieu dit : avant de taider, aide-toi, toi-même ». Devant cette réalité, nous avons dit au Président Eduardo Dos Santos : cherchons les voies et moyens pour essayer de nous sortir de ce carcan. Cest ce qui nous a permis dentreprendre des démarches auprès de nos amis Chinois qui, eux aussi, confrontés à des situations difficiles, ont au moins lavantage de connaître nos réalités. Résultat : les discussions orientées par le Président ont fait que la Chine soit en mesure de nous donner des crédits substantiels. Ce sont ces crédits qui nous permettent aujourdhui de refaire nos routes, nos chemins de fer, nos ponts, nos hôpitaux, bref les grands travaux dintérêt commun. Nous avons vécu des pressions. Nous avons été dans des situations difficiles, mais nous nous sommes dits : cest notre pays, cest notre nation, cest nôtre intérêt, cest notre souveraineté. Seuls les Angolais ont le droit dapprécier si ce qui vient de la Chine et qui nest pas associé aux droits de lhomme et à la bonne gouvernance peut servir ou non ! GPA : LAngola, cela est de notoriété publique, passe pour le premier producteur de pétrole du Golfe de Guinée. Avec des investissements en chantier, votre pays compte élever la production à 2 millions de barils/jour. Ne craignez-vous pas de subir le sort des grands pays producteurs dAmérique latine comme le Venezuela ou dAsie comme lIran, lIrak, lArabie saoudite, le Koweit, des pays à fort taux dinsécurité ? JBM : Dans notre région, il y a le Nigeria qui est le premier producteur de pétrole. Nous nen sommes pas encore à son niveau. Lambition est de produire 2 millions de barrils/jour. Lhorizon, cest 2008, 2009. Les investissements sont en cours à Sonangol. Le Gouvernement appuie les initiatives de la compagnie nationale qui se développe très bien, en essayant de diversifier lutilisation des fonds parce que le pétrole nest pas éternel. Un jour, il pourra se terminer ; mais au moins il aura servi aux Angolais par rapport aux biens, aux investissements déquipements et dindustries, à la communication, à lagriculture, à lhôtellerie, aux banques etc. Il aura en plus assuré le plein emploi aux générations futures. Jusque-là, nous avons encore de grandes réserves qui nous permettent de vivre du pétrole pendant un bon bout de temps. Pour revenir à votre question, ma conviction est que nous ne craignons pas linsécurité parce que nous avons une politique réfléchie, une politique conséquente qui ne blesse personne, qui nagresse personne. Une politique pacifique. Cest cette politique qui nous a amenés à adhérer à lOpep. Le Président Eduardo Dos Santos a assisté à un sommet de cette organisation. Nous entrons progressivement dans la maîtrise des tenants et des aboutissants de la profession. Nous ne sommes pas un pays fondamentaliste. Nous nous reconnaissons juste un pays en voie de développement avec une seule aspiration : mettre à la disposition de notre sous-région les ressources que Dieu nous a données. GPA : Vous avez annoncé pour 2008 les élections législatives et pour 2009 les élections présidentielles en Angola. Quand vous dites que votre pays entend trouver un mécanisme dautofinancement, est-ce pour éviter toute implication de la communauté internationale dans ce processus ? JMB : Dans lexercice de la souveraineté des Nations, seuls les Etats décident de leur sort. Dailleurs, dans le cadre de son adresse à la Nation, le Président Joseph Kabila Kabange a bien dit que seuls les Congolais doivent décider de leur sort. Dans la même logique, seuls les Angolais décident de leur sort. De notre vivant, nous devons donner un sens à lIndépendance. Cest nous qui avons peiné pour larracher des mains des colonialistes portugais ( ). Nous sommes en train de travailler pour trouver les moyens nécessaires afin de financer les élections. Sil y a une main qui veut bien nous aider, elle est la bien venue. Mais, nous ne voulons pas que par notre volonté, nous soyons sous pression extérieure. Nous le disons à notre population dans le cadre de la sensibilisation : nous devons nous sentir fiers dêtre Angolais, de vivre sur la terre de nos ancêtres parce que ces dernier cest lHistoire qui lenseigne avaient beaucoup lutté contre les influences extérieures. Nos rois et reines ( ) avaient fortement résisté aux visées annexionnistes. Dès lors, comment voulez-vous que nous qui sommes leur descendance abdiquions ? Le recensement nous a permis denrôler 8 millions délecteurs sur les 15 millions dAngolais que nous sommes. Cest un pas très positif quand bien même certains pensaient que nous nallions pas y parvenir ; cette opération ayant été financée et effectuée par nous-mêmes. La phase denregistrement terminée, il revient maintenant aux partis politiques à battre campagne. Le Gouvernement a décidé de donner à chaque formation politique une contribution financière pour que demain, après la défaite, il ny ait pas accusation ou contre-accusation. Mais tout le monde rendra compte au Tribunal de la manière dont il aura géré ces fonds publics. La phase qui viendra est celle où le Président Eduardo Dos Santos réunira le Conseil National de la République, structure composée de dirigeants des partis politiques présents à lAssemblée nationale, le président de lAssemblée nationale, le ministre de lIntérieur, le ministre de la Défense nationale, le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque centrale, le président de la Fédération des entreprises congolaises Il sera tour à tour procédé à la présentation du rapport du ministre de la Coordination provinciale qui coiffe les provinces et dirige les opérations denrôlement, à sa vérification et sa contre-vérification avant de tirer les conclusions qui comprendront entre autres éléments lévaluation des moyens financiers dégagés ou à dégager. Cest au regard de ces conclusions que le Président va demander ou faire une proposition de date. Le Conseil est convoqué pour ce mois de décembre. Par rapport à la question que vous me posez, je rappelle la situation que nous avions vécue lorsque nous avions besoin dappui financier et matériel de la part des partenaires extérieurs. Ils nous répondaient par un refus catégorique. Si, aujourdhui, nous recourons une fois de plus à eux et quils nous disent quils ne peuvent rien nous donner, allons-nous croiser les doigts ? Voilà pourquoi nous voulons compter dabord sur notre caisse, selon les prévisions, les discussions et les conclusions qui seront tirées de la réunion du Conseil National de la République GPA : Parlons maintenant coopération bilatérale entre lAngola et la RDC. Combien de domaines couvre-t-elle ? Que sont ces domaines ? JBM : Puisque vous êtes très intéressés par la question des dividendes, je crois quau retour de la délégation angolaise reliée à la visite du Président Joseph Kabila Kabange à Luanda, il vous a été fait létat des accords signés à partir des projets discutés, analysés, enrichis et conclus. Nous voulons un mariage dintérêt commun. Aujourdhui, nous évoluons dans un monde dinterdépendance, le village globalisé. Mais si voulons aller dans ce cadre, nous devons dabord compter sur nous-mêmes, sur notre sous-région. Les potentialités dont nous disposons nous donnent, à nous Congolais et Angolais, les moyens daller avec une conviction certaine devant ce défi historique. Aussi, lAngola et le Congo sapprêtent-il à lexploitation du pétrole dans la zone dintérêt commun situé entre Moanda et Soyo. Il y a du pétrole que nous devons exploiter ensemble pour en jouir mutuellement les dividendes. Dans les zones où il y a du gaz, lAngola est en train de construire des usines appropriées. Naturellement, le gaz congolais y aura accès. Cest à lavantage de votre pays. Nous voulons en plus jeter un pont sur le fleuve. Passant par Muanda pour atteindre la province cabindaise du Cabina, ce pont historique jamais construit en Afrique est une fierté pour nos deux pays. Il aura à résoudre les problèmes de communication dans la sous-région. Cest au bénéfice du commerce et du transport ; les marchandises pouvant être déposées du côté de Soyo et du côté de Muanda. Il y a également la construction dune autoroute de 24 m entre Boma et Muanda, en territoire congolais. Aujourdhui, pour arriver à Muanda, surtout en saison pluvieuse, cest tout un calvaire. Avec lexploitation des minerais et avec le pont sur le fleuve, vous voyez bien le développement quaura la sous-région. Noublions pas que Muanda est une zone balnéaire qui pourrait être transformée en zone touristique. Vous savez combien le tourisme génère en milliards de dollars. Le Congo réunit toutes les conditions pour y lancer le tourisme. Or, sans voie de communication, il ny peut rien. Dans lagriculture, il y a lexploitation du bois. Dans lagroalimentaire, il y a lexploitation de la pêche. Au niveau des banques, je vous informe quil y a des orientations afin que les opérateurs économiques angolais et congolais se croisent en vue de réaliser des projets dans les deux pays. Donc, nous avons un champ largement ouvert impliquant tout un tas de projets qui nous unissent et qui nous identifient dans le cadre du village planétaire. GPA : Son Excellence le Président Edouardo Dos Santos, réagissant à la crise congolaise en sa qualité de Président en exercice de la Sadc, a récemment déclaré que « La paix et la stabilité de la Rdc sont un facteur déterminant pour le développement socioéconomique de la sous-région de la SADC. Par conséquent, nous ne devons pas rester indifférents face à tous ceux qui constituent un obstacle à un retour de la paix au Congo Oriental ». Concrètement parlant, que faut-il entendre par « ne pas rester indifférents ». Cest bien un langage de guerre JBM : Cette question, vous linterprétez mal. « Ne pas être indifférents, cest dans la solidarité ». Comment voulez-vous vivre seul parce que vous avez la paix, vous avez la tranquillité chez vous pendant quà côté, votre voisin est en train de pleurer ? Ce nest pas africain, ça ! Ce qui est africain, ce qui est acceptable, cest quon reconnaît les vrais amis dans les moments difficiles. Pendant que vous pleurez, celui qui vous approche dans sa solidarité, qui vous tend la main, cest celui-là votre ami véritable. Or, nous sommes dans un cadre de paix et de sécurité. Lexpérience montre que lorsquun pays nest pas en paix ni en sécurité, il ne peut ni progresser, ni se développer. Compte tenu de vos potentialités, la base du progrès que vous recherchez est la paix, la sécurité. Ce qui se passe, par exemple, à lEst préoccupe tout le monde et empêche quon consacre même un peu dattention à léconomie, au social. Le Président Eduardo Dos Santos fait un appel de solidarité agissante lorsquau Congo, il y a insécurité, lorsquau Congo quelquun menace la paix ces derniers temps. Cest dans ce sens quil faut entendre son message. Je vous rappelle que notre Chef de lEtat est le présidence en exercice de lorganisme en charge de la paix et de la sécurité au niveau de lUnion africaine en même temps quil est le président en exercice de la Sadc. Toutes ses qualités font de lui une personnalité intéressée par tout ce qui permet leffacement du spectre de la guerre en RDC, tout ce qui permet la consolidation de la réconciliation nationale dans ce pays. Comme on la déjà fait en Afrique du Sud dans le cadre du Dialogue intercongolais. Vous avez fait un pas extraordinaire dans la bonne direction. Vous ne pouvez imaginer ce que nous ressentons, nous autres, lorsque nous voyons des gens qui ne pouvaient même pas se regarder en face évoluer ensemble dans les institutions issues des urnes. LAngola aura contribué pour beaucoup à ce stade où le Congo a aujourdhui des institutions qui fonctionnent normalement, à la grande satisfaction de tout le monde. GPA : Avant de terminer, Excellence, nous en venons à votre mandat. Voici une dizaine dannées que vous êtes en poste à Kinshasa ; vous êtes même devenu le Doyen du corps diplomatique. Quels sont les faits ayant marqué votre mandat dabord en qualité dAmbassadeur dAngola, ensuite de Doyen du corps diplomatique ? JBM : Je suis content de me trouver ici. Vous vous souviendrez que je suis arrivé dans ce pays presque une semaine avant lembrasement de lEst (ndlr : guerre du 2 août 1998). Cest dans ce climat de tension que jai vécu, mais aussi climat de négociations, climat de tractations, climat dopérations militaires, climat dincertitudes et climat de certitudes que je connais par les bouts de mes doigts. Même lorsque certains collègues diplomates ne pouvaient pas rester parce que les balles sentrecroisaient par-dessus nos têtes, nous, Angolais, sommes restés avec vous. Nous navons pas eu peur pour nos vies. Nous avons contribué au retour du Congo à lère de la paix. Quant à nous, nous pensons avoir vécu une expérience unique ; une expérience résultant de celle que nous avions connue, nous-mêmes, en Angola et dont nous savions évaluer les conséquences, surtout quand il sagit dune guerre, dune déstabilisation, dune confrontation autour des intérêts qui sont loin dêtre les nôtres. Nous sommes en poste effectivement depuis une dizaine dannées, et de ce fait, nous devons les plus anciens. Nous avons vu partir ceux avec qui nous avons présenté les lettres daccréditation, et ceux qui nous ont suivis. Il me semble que la réalité congolaise a trouvé en nous une aide. Au demeurant, il y a là une explication claire. En effet, au moment où nous sommes partis dAngola pour venir ici, le Président Dos Santos nous a dit : « vous nêtes pas seulement Ambassadeur ; vous êtes aussi Conseiller ». Ceci peut rejoindre la question posée il y a peu sur la nature de certaines positions prises par notre Chef de lEtat. Quelquun qui accrédite son ambassadeur et en fait son conseiller, cela sous-entend la recommandation suivante : « allez-y, travaillez ensemble pour la promotion de nos deux pays et transmettez-leur notre expérience ». Voilà ce que nous avons toujours fait jusquà ce jour. Il ny a pas de mystère en cela GPA : Excellence, avec votre autorisation, nous quittons la politique et léconomie pour parler sport. Votre pays, lAngola, multiplie dans plusieurs disciplines comme le football, le basket et le handball des performances dans les compétitions africaines et mondiales. Peut-on en connaître le secret ? JBM : Le secret, cest le travail, lunion et la solidarité. Les aspects que je viens dénumérer ont toujours milité dans la conscience de tout angolais. Et là, il ny a pas de considérations politiques possibles. Quand, au niveau de toutes ces disciplines que vous venez dénumérer, vous remarquez que nos filles sont très avancées pour défier celles qui se considèrent supérieures aux autres, la réalité est quil ny a pas de supériorité sacrée ; il y a seulement lengagement physique et intellectuel (ndlr : allusion est faite aux handballeuses participant à la Coupe du Monde en France). Au niveau du football, bien des gens doutaient de ce qui allait être notre participation à la Coupe du Monde en Allemagne. Nous avons démontré ce dont nous étions capables. Nous sommes sortis avec deux matchs nul et une défaite. Et quelle défaite encore, lorsque les Portugais tremblaient. Au niveau du basket, nous sommes champions je dirais éternels dAfrique. Je vous dis que cest la volonté de vaincre, la volonté de défier ce passé qui nous a beaucoup endeuillés. Les victoires engrangées nappartiennent ni à la majorité, ni à lopposition. Ce sont des victoires nationales. Cest le résultat de toute une politique nationale qui implique le Chef de lEtat, le Gouvernement, les associations civiles et les partis politiques parce que chaque élément de la population inclus dans de ces équipes afin de valoriser le nom de lAngola sait quil le fait pour tout le monde. Donc, nous avons cet amour, cette volonté daider ces gens-là dans leur entreprise personnelle mais qui, au demeurant, avec les résultats se transforment en un résultat national. Le secret, cest la conscientisation de la population, lamour envers son pays pour ceux qui pratiquent les disciplines précitées et qui bénéficient des appuis matériels prévus pour sanctionner les efforts des uns et des autres. Voilà lAngola qui est en train de faire des progrès à peine réconciliés il y a cinq ans. Cest pourquoi, nous disons : voici 25 ans que nous avons perdus ! Or, si nous avons commencé il y a 25 ans, les résultats seraient plus que consolidés et nous aurions pu défier nimporte qui, comme nous essayons de le faire maintenant. Quand nous sommes devant des Européennes, des Asiatiques et des Américaines, nous ne le faisons pas avec un complexe. Nous considérons que quelle que soit la discipline, la réalité est que nos handballeuses ont une certaine avance sur leurs adversaires (ndlr : linterview a été recueillie au moment où lAngola est arrivée en quart de finale). Il ny a pas de miracle ; cest le travail. GPA : Le mot de la fin Joâo Batista Mawete : ... que la solidarité entre nos deux pays et nos deux peuples séternise et que le spectre dinvention et de montage sécarte parce que ça peut diminuer limpact de notre mariage, de notre association, de notre collaboration, de notre coopération. Ce que nous voulons, cest la promotion, la victoire du peuple congolais et du peuple angolais. Transcription : Source: L'Avenir RDC Omer Nsongo die Lema |
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Ambassadeur dAngola en RDCJ.B.Mawete : « Notre budget est de Usd 33 milliards » (L'Av) Quelques vérités assommantes du diplomate angolais : * Sur le budget : " Cest notre budget à nous, cest notre caisse à nous, avec la collaboration de ceux qui veulent bien financer nos projets économiques et sociaux " * Sur les contrats avec la Chine : |
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