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POUR CHANGER LE MONDE IL FAUT CHANGER L'HOMME

DISAIT: Mfulumpinga Nlandu Victor

 

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Martyr de la Démocratie

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RD:Congo; Mawete parle du Budget de l'état Angolais aux médias Congolais " Nous avons été dans des situations difficiles, mais nous nous sommes dits : c’est notre pays, c’est notre nation, c’est nôtre intérêt, c’est notre souveraineté. Seuls les Angolais ont le droit d’apprécier si ce qui vient de la Chine et qui n’est pas associé aux droits de l’homme et à la bonne gouvernance peut servir au non ! " * Sur Kahemba : " D’abord, Kahemba, c’est un territoire congolais. Nous, en Angola, nous n’avons pas Kahemba. Mais, les gens se sont attardés je ne sais pendant combien de temps pour s’occuper de ce problème qui, dès le départ, était juste un projet pour torpiller le cadre des relations que nous maintenons aujourd’hui…

Ambassadeur d’Angola en RDC : J.B. Mawete : « Nous devons avoir un sens d’indépendance soutenu »

Mercredi 12 décembre 2007. 11h00. Ambassade d’Angola, sur le Bld du 30 juin. Joâo Batista Mawete reçoit dans ses bureaux une équipe du Groupe de Presse L’Avenir : Simon Kabamba de la Radio, Richard Shako et le cameraman Serge Kimbila de la Télévision, Omer Nsongo die Lema de « L’Avenir Quotidien ». Au menu de l’entretien : les sujets de politique intérieure angolaise et de coopération entre l’Angola et la RDC avec un coup d’œil sur le passé, une observation des faits présents et une projection des faits à venir. Une heure durant, tout y passe : épisode Savimbi et Mobutu, présence angolaise aux côtés de la RDC depuis 1996, Kahemba, pétrole du littoral, contrats avec la Chine, guerre de l’Est, élections en Angola et même sports. La première question est juste une déduction pour un pays qui vient de loin, très loin même après 500 ans presque de colonisation et 32 ans d’Indépendance dont 27 marqués de guerre civile…

Joâo Batista Mawete (JBM) : Effectivement, nous venons de très loin, compte tenu des circonstances qui ont entouré notre indépendance, de cette guerre qui a duré plus de 25 ans. Il y a eu (…) des opérations d’occupation raciste, la destruction des infrastructures économiques et sociales du pays, la mort de plus de 500 mille compatriotes, les mutilés que l’on compte à près de 100 mille et la perte de près de 30 milliards de dollars, selon les calculs faits. Nous n’avons pas calculé ici ce que représente une année de travail que vous devez multiplier par 25 ans. C’est énorme, le prix que nous avons payé pour arriver à la célébration (…) du 11 novembre passé. Aujourd’hui, c’est avec enthousiasme et satisfaction que nous arrivons à présenter devant notre population et devant la communauté internationale un budget qui soit en mesure de nos besoins pour la reconstruction économique et sociale, reconstruction que nous avons engagée et qui court son terme avec la transformation du pays en un chantier gigantesque. Nous avons des travaux partout, sur toute l’étendue du territoire national, selon la volonté de notre Président, Edouardo Dos Santos, et la volonté du peuple angolais. Il y a surtout celle du parti (…) dans son travail de conscientiser les populations parce que sans le travail du parti, il est difficile, en un si court laps de temps, d’être à même d’expliquer et de faire comprendre aux populations toute cette période que nous avons passée, les conditions que nous avons vécues et qui font qu’aujourd’hui la réconciliation nationale et la reconstruction économique et sociale se marient dans une symbiose qui nous donne l’espérance quant à l’avenir proche et lointain. Ce qui veut dire que le champ est ouvert et large. Un champ où, chacun, selon ses possibilités, devra poser sa pierre pour que la construction de l’édifice soit en mesure de nos projets et en mesure de nos besoins, cela dans un pays où, selon le Plan quinquennal, nous avançons vers l’élimination des maladies et de la pauvreté pour enfin atteindre le seuil d’éradication complète de la pauvreté d’ici à l’horizon 2025.

Groupe de Presse L’Avenir (GPA) : Excellence, nous y reviendrons. Nous estimons cependant qu’il est important de faire parler le passé. Serions-nous dans l’erreur si nous avancions que la mort de M. Savimbi aura été un facteur déterminant dans l’avènement de la paix en Angola ?

JBM : Malheureusement, je le dis bien et je le répète : malheureusement, si cet homme-là avait mis son intelligence à la disposition du pays, aujourd’hui l’Angola serait très avancée dans le cadre de sa reconstruction. Mais, encore une fois, cet homme, qui nous a énormément retardés, a mis son savoir-faire pour la destruction du pays, la destruction des villes, des populations. Il a miné les routes, détruit les ponts et tout ce qui était infrastructures économiques et sociales ; allant chercher des armes, des munitions et des mines partout pour endeuiller son propre peuple. C’est le bilan que nous déplorons, mais c’est peut-être ça l’erreur de ceux qui ne voulaient pas voir l’Angola s’édifier et atteindre le niveau qu’elle a aujourd’hui. On remarque le retard avec lequel nous avons initié l’action salvatrice et historique. Savimbi avait lui-même refusé de céder à des conditions lui proposées par le Président Eduardo Dos Santos qui était soit de réintégrer la société avec les avantages conséquents, soit de poursuivre les combats avec possibilité d’être arrêté, jugé et condamné ou d’y mourir. Il a choisi la dernière formule : mourir au combat ! Comme l’Angola est une nation qui se veut préparée pour sa défense, Savimbi est finalement mort au combat. Aujourd’hui, c’est une personne complètement effacée de nos mémoires parce que nous voulons, nous, aller plutôt de l’avant.

GPA : Dans votre discours de circonstance, vous avez mis en exergue la question cabindaise. Vous n’avez cependant dit mot de l’Unita, le dernier mouvement insurrectionnel à devenir une organisation politique classique. Serait-ce parce que l’Unita a été absorbé pour ne pas dire domestiquée par le Pouvoir Mpla ? On ne l’entend plus !

JBM : L’Unita, c’est un parti politique angolais qui est sur place. Il est à l’Assemblée nationale ; il est au Gouvernement (parce que nous avons un Gouvernement d’unité nationale). Il dirige certaines provinces (dans le cadre des négociations, il a été convenu que certains membres de l’Unita soient nommés au poste de gouverneur). Ses ex-combattants sont (…) dans les Forces armées avec des officiers supérieurs. C’est ce que nous appelons le cadre strictement angolais. Nous nous voyons tous dans un ensemble cohérent en termes d’unité, quelle que soit aujourd’hui la tendance que peuvent prendre non seulement l’Unita, mais aussi d’autres formations politiques nées après le discours de La Baule en France, discours ayant consacré la période multipartite comme étant la période indiquée pour la démocratisation en Afrique. Je dirais : tous ces partis-là travaillent pour la promotion de notre pays, pour la promotion de la défense de l’Indépendance nationale et pour l’avènement de la démocratie agissante. Donc, l’Unita est une force qui n’est pas exclue. C’est une force qui est sur place, qui travaille, qui mobilise et qui s’engage aussi à concourir (…) au vote au même moment que d’autres formations politiques. Ce n’est pas un élément à comparer au sel qui, ayant touché un peu d’eau, se dissout ; non ! Elle a son opinion au sein de la population. Tout ce que nous avons toujours voulu, c’est que nos discussions autour des principales questions du pays se fassent au sein des institutions et non au bout du canon pour, encore une fois, endeuiller des populations qui ont énormément souffert des guerres.

GPA : L’Angola avait eu un contentieux avec le Congo, à l’époque Zaïre, en raison du soutien du Pouvoir Mobutu au Fnla, à l’Unita et même, en ce qui concerne le Cabinda, au Flec. Aujourd’hui, qu’est-ce que cette page d’histoire vous inspire-t-elle ?

JBM : Malheureusement (…), nous Africains, nous ne réalisons pas, depuis l’ère de nos indépendances, qu’avec nos querelles sèches, sans substance, sans lait, nous avons énormément perdu un temps que nous ne pouvons plus récupérer. Cette période noire n’est plus de mise dans notre discours d’aujourd’hui. C’est mieux de le laisser derrière parce que ça ne nous rapporte rien. Au contraire, nous voulons mettre en relief la coopération. Nous voulons y travailler positivement. La République Démocratique du Congo est un pays extrêmement riche. (…) Nous aussi, avec ce que nous avons, nous sommes un pays riche. Nous avons, par exemple, des terres fertiles non travaillées depuis des siècles. Nous voulons la promotion de tous ces aspects positifs au niveau économique, au niveau social. Nous voulons ce mariage entre nous afin que nous allions de l’avant, dans la promotion économique de nos pays et de notre sous-région. Il y a énormément de pas à franchir, énormément de conditions à réunir en raison de ce que nous renfermons comme potentiels. Je crois que nous devons beaucoup plus concentrer notre attention sur ces conditions qu’à aller vers un passé noir…

GAP : L’Angola, qui s’est mise du côté de la RDC depuis 1996, prend une part active dans la normalisation du fonctionnement de l’Etat congolais. Après la guerre, elle s’est investie tour à tour dans la tenue du Dialogue intercongolais, dans la gestion institutionnelle du 1+4 au sein du Ciat, dans l’organisation matérielle des élections et maintenant dans le développement. Trop d’altruisme n’apparaît-il pas suspect ?

JBM : Je m’adresse à l’opinion congolaise. Lorsqu’un pays voisin réalise des actions positives dans le vôtre, en quoi celles-ci peuvent-elles devenir suspectes ? Je viens de vous le dire : nous sommes deux pays dotés de grandes potentialités. Ces potentialités restent-là pendant que les populations sont en train de vivre soit affamées, soit avec des maladies nous laissées par la colonisation… Sans interdépendance, qu’est-ce que nous devons faire ? Chacun doit-il retourner dans son coin ? Ou doit-on chercher la collaboration, instituer l’interdépendance pour que les réalisations communes profitent à nos populations ! Comme Congolais, je ne m’imagine pas la nature de cette question ; mais moi, comme Angolais, j’aspire à ce que nous soyons ensemble pour lutter contre les maladies, contre la pauvreté ; à lutter pour la promotion de l’éducation, de la formation. Vous avez, ici au Congo, heureusement développé un système d’enseignement qui vous aide à former des centaines de milliers de jeunes, chaque année, comme gradués, licenciés, docteurs. Nous voulons aussi l’avoir parce que la seule façon de vaincre la pauvreté et le sous-développement, c’est l’enseignement et la formation. Si nous mettons ces valeurs à notre portée, à notre disposition, que ne pourrions-nous pas faire ensemble ! Nous sommes deux pays liés par le destin. Personne ne peut nous séparer, à moins d’une catastrophe naturelle qui détruirait tout ce que nous avons en commun. Or, nous ne croyons pas que cette catastrophe soit possible. Les eaux qui se croisent dans nos frontières, les forêts que nous avons ensemble, le kimberlite que nous avons ensemble, pensez-vous qu’ils soient en mesure de nous séparer alors que pendant des siècles et des siècles, nos populations ont toujours vécu ensemble ? Voyons cette maison (ndlr : ambassade). Si, par exemple, elle était à la frontière, elle aurait son salon au Congo et sa chambre en Angola. Est-ce que vous êtes capable de la séparer ? Quand vous trouvez dans des familles l’oncle angolais, le petit-fils congolais, qui peut séparer ce genre de liens historiques et familiaux qui se sont noués ? Impossible ! Donc, vous et nous, Angolais et Congolais, ce que nous devons faire, c’est de travailler dans le sens de notre promotion ensemble. Ce qui est fait dans l’armée, c’est pour la paix et la sécurité dans notre ensemble. Ce qui est fait au niveau de l’économie, c’est pour la promotion de notre sous-région. Ce qui est fait au niveau de l’éducation et de la culture, c’est pour effacer le passé colonial que nous avons vécu ensemble. Que ce soit chez vous avec les Belges ou chez nous avec les Portugais, c’est le même colonialisme ; les mêmes méthodes. La vérité que nous avons sur le terrain est là : la pauvreté – bien que nous ayons des pays extrêmement riches – devons-nous nous enfermer chacun dans son coin parce que c’est angolais, c’est congolais ? Etre angolais, être congolais a pour objectif d’être ennemi ? Non ! Nous devons être à l’écart de ce que pensent ceux qui sont loin et qui veulent nous diviser. Ils ont toujours dit dans leur adage : « pour que nous soyons forts, il faut que nous divisions ceux qui sont-là ! ». C’est ce que nous avons vécu. Si jai refusé de m’étendre sur le passé difficile que nous avons eu ensemble, c’est parce qu’il y a une situation positive que nous conjuguons ensemble au niveau de nos chefs d’Etat, au niveau de nos ministres, au niveau de nos chefs d’Etat-major de l’armée (vous avez appris que le chef d’Etat-major général des Fardc était à Luanda). Ce sont ces aspects qui nous intéressent plus mais qui dérangent ceux qui veulent nous distraire jusqu’à inventer cette histoire de Kahemba. C’est dans le sens de nous diviser… Est-ce qu’il y a Kahemba ? D’abord, Kahemba, c’est un territoire congolais. Nous, en Angola, nous n’avons pas Kahemba. Mais, les gens se sont attardés je ne sais pendant combien de temps pour s’occuper de ce problème qui, dès le départ, était juste un projet pour torpiller le cadre des relations que nous maintenons aujourd’hui…

GPA : Parlons justement de Kahemba. Il y a eu, récemment, déplacement au Portugal et en Belgique de deux délégations d’Angola et de la RDC pour consulter les archives coloniales. Concrètement, quel en a été le résultat ?

JBM : Je n’étais pas de la délégation. Mais, je peux au moins vous dire que c’est nul ! C’était une invention pour torpiller nos relations. Confronté à des réalités cartographiques devant ceux qui en fait la diffusion, tout le monde est rentré convaincu qu’il n’y avait pas de quoi s’alarmer outre mesure. Vous l’aurez d’ailleurs remarqué : depuis le retour de la délégation, il n’y a plus de débat, plus de discussion sur ce point. Mais, combien de temps n’avez-vous pas perdu ? Combien de millions n’avez-vous pas perdu, simplement parce que quelqu’un a jugé bon de mettre une tâche noire là où il doit y avoir entente ? Des millions qui devraient être disponibles pour l’éducation, la santé, le développement ! Or, nous Angolais, nous ne voulons plus perdre de temps. Nous tenons à consacrer chaque minute, chaque heure à promouvoir les actions économiques et sociales.

GPA : Au cours d’une des précédentes cérémonies de Fête nationale d’Angola, c’est avec fierté que vous aviez annoncé pour près d’une dizaine de milliards de dollars Us les prévisions budgétaires de votre pays. Dimanche 11 novembre dernier, on s’attendait à vous voir indiquer les mêmes prévisions pour 2008. Pourquoi vous vous en êtes abstenu ? Serait-ce pour ne pas gêner la RDC qui s’affiche péniblement avec ses 3,3 milliards ?

JBM : Le Congo est un grand pays. J’ai confiance en son avenir, surtout avec le programme, les idées et la philosophe du Président Joseph Kabila, philosophie que vous avez analysée à partir de son discours sur l’Etat de la nation (ndlr : du 6 décembre 2007). Je fonde mon espoir sur tout ce qu’il entreprend comme travail. Gouvernants et gouvernés sont appelés à changer de mentalité, changer la façon de voir les choses, la façon de vivre. Il faut changer la démarche. Ce que les autorités congolaises sont en train de faire en ce moment – je vous l’assure – avec le temps (ils sont à peine une année au Pouvoir) vous allez en voir la consistance dans les trois ou quatre, une consistance qui va changer progressivement la réalité de la RDC. Je ne voudrais pas marcher sur les pas de la minimisation d’une Nation. Le Congo est deux fois plus grand que l’Angola avec une population quatre fois plus grande aussi. Ce sont des atouts. Pour répondre à votre question, notre budget est de Usd 33 milliards. C’est notre budget à nous, c’est notre caisse à nous, avec la collaboration de ceux qui veulent bien financer nos projets économiques et sociaux. Voilà comment nous pensons que notre indépendance justifie notre décision de mettre sur la table tous les projets de développement, du social à l’économie, et comment nous voulons démarrer notre processus de transformation de l’Angola pour éliminer la faim, la misère, les maladies ; l’ambition étant de donner le minimum à tout angolais dans le cadre de sa vie journalière. Nous nous sommes fixés des objectifs. Ceux-ci peuvent être atteints sous l’impulsion et avec la philosophie du Président Eduardo Dos Santos. Ils sont en train d’être préparés en ce moment. Par exemple : la construction des routes (le pays avait des problèmes sérieux en la matière), la construction des hôpitaux (pour répondre aux besoins des malades), la lutte contre les maladies endémiques (Sida, malaria, tuberculose), la défense de la santé des enfants etc. Sur le plan économique, la réalité que nous avons est que les banques naissent presque tous les mois (parce que sans banque, l’économie est nulle), les industries de même (je ne parle pas de pétrole avec Sonangol qui est désormais capable de défendre notre destinée). Dans le cadre des mines, nos diamant, or, fer sont en pleine exploitation. Notre industrie de pêche et notre agriculture connaissent un essor remarquable. Bref, nous avons un champ ouvert qui nous permet d’associer toutes les dividendes pour avoir un budget en mesure de favoriser la réalisation de bon nombre de nos projets.

GPA : Dans la même allocution, vous avez relevé que l’Angola réalise des grands projets socio-économiques grâce aux lignes de crédit substantielles de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Or, pour avoir signé des accords avec la Chine, la RDC a été mise à l’index par certains pays occidentaux et certaines institutions communautaires d’obédience occidentale. Est-ce que l’Angola subit-elle le même genre de pression ?

JBM : Si vous voyez que je suis en train de rire un peu, c’est parce que nous devons nous défendre. Nous devons avoir un sens d’indépendance soutenu pour ne pas nous retrouver au point de départ, c’est-à-dire sous la colonisation ou quelque chose de semblable. Nous autres, qui avons trop souffert avec le sang pour arracher l’indépendance, nous sommes fiers de décider de notre sort. Quand nous nous mettons ensemble pour analyser les intérêts qui nous lient au niveau de la Nation, nous n’associons personne… Ainsi, lorsque nous avions décidé de négocier avec l’Unita, nous l’avions fait dans un cadre strictement national. Aujourd’hui, c’est tout le monde qui bénéficie de cette politique. Nous avons été confrontés à des situations difficiles liées à la fin de la guerre, au désarmement, à la démobilisation. La même situation que vous connaissez au Congo. Nous avons eu à faire face à un flux 4 millions de déplacés à l’intérieur du pays associés à près de 500 mille réfugiés. Devant ce cortège des difficultés engendrées par une guerre qui nous a été imposée dans le cadre de la confrontation Est/Ouest, le monde savait qu’en Angola il y a une portion de ressources dont peut-être les gens avaient besoin : pétrole, diamant, cuivre, or, étain etc. Des ressources qui contribuent à la promotion économique et sociale de ceux qui se considèrent comme des grands. Nous leur avons dit : aidez-nous à résoudre les problèmes sociaux que nous avions parce que nous devrions démobiliser près de 80 mille éléments armés de l’Unita, assurer le retour de 4 millions de déplacés et de près d’un demi million de réfugiés. Certains décideurs nous avons carrément dit : pas d’argent ! Nous avons voulu qu’il y ait une conférence internationale des donateurs pour nous aider à avoir des moyens ; on nous a dit : pas de conférence. Et même dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour un prêt, on nous envoyait soit à Paris, soit à Washington, mais sans résultat. Certains nous disaient même : vous êtes riches. Devant ce scénario clair, cette manifestation sentant l’hostilité, que devrions-nous faire ? Croiser les bras et regarder le ciel ? Quelque part, on dit : « Dieu, aide-moi. Mais Lui-même Dieu dit : avant de t’aider, aide-toi, toi-même ». Devant cette réalité, nous avons dit au Président Eduardo Dos Santos : cherchons les voies et moyens pour essayer de nous sortir de ce carcan. C’est ce qui nous a permis d’entreprendre des démarches auprès de nos amis Chinois qui, eux aussi, confrontés à des situations difficiles, ont au moins l’avantage de connaître nos réalités. Résultat : les discussions orientées par le Président ont fait que la Chine soit en mesure de nous donner des crédits substantiels. Ce sont ces crédits qui nous permettent aujourd’hui de refaire nos routes, nos chemins de fer, nos ponts, nos hôpitaux, bref les grands travaux d’intérêt commun. Nous avons vécu des pressions. Nous avons été dans des situations difficiles, mais nous nous sommes dits : c’est notre pays, c’est notre nation, c’est nôtre intérêt, c’est notre souveraineté. Seuls les Angolais ont le droit d’apprécier si ce qui vient de la Chine et qui n’est pas associé aux droits de l’homme et à la bonne gouvernance peut servir ou non !

GPA : L’Angola, cela est de notoriété publique, passe pour le premier producteur de pétrole du Golfe de Guinée. Avec des investissements en chantier, votre pays compte élever la production à 2 millions de barils/jour. Ne craignez-vous pas de subir le sort des grands pays producteurs d’Amérique latine – comme le Venezuela – ou d’Asie comme l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite, le Koweit, des pays à fort taux d’insécurité ?

JBM : Dans notre région, il y a le Nigeria qui est le premier producteur de pétrole. Nous n’en sommes pas encore à son niveau. L’ambition est de produire 2 millions de barrils/jour. L’horizon, c’est 2008, 2009. Les investissements sont en cours à Sonangol. Le Gouvernement appuie les initiatives de la compagnie nationale qui se développe très bien, en essayant de diversifier l’utilisation des fonds parce que le pétrole n’est pas éternel. Un jour, il pourra se terminer ; mais au moins il aura servi aux Angolais par rapport aux biens, aux investissements d’équipements et d’industries, à la communication, à l’agriculture, à l’hôtellerie, aux banques etc. Il aura en plus assuré le plein emploi aux générations futures. Jusque-là, nous avons encore de grandes réserves qui nous permettent de vivre du pétrole pendant un bon bout de temps. Pour revenir à votre question, ma conviction est que nous ne craignons pas l’insécurité parce que nous avons une politique réfléchie, une politique conséquente qui ne blesse personne, qui n’agresse personne. Une politique pacifique. C’est cette politique qui nous a amenés à adhérer à l’Opep. Le Président Eduardo Dos Santos a assisté à un sommet de cette organisation. Nous entrons progressivement dans la maîtrise des tenants et des aboutissants de la profession. Nous ne sommes pas un pays fondamentaliste. Nous nous reconnaissons juste un pays en voie de développement avec une seule aspiration : mettre à la disposition de notre sous-région les ressources que Dieu nous a données.

GPA : Vous avez annoncé pour 2008 les élections législatives et pour 2009 les élections présidentielles en Angola. Quand vous dites que votre pays entend trouver un mécanisme d’autofinancement, est-ce pour éviter toute implication de la communauté internationale dans ce processus ?

JMB : Dans l’exercice de la souveraineté des Nations, seuls les Etats décident de leur sort. D’ailleurs, dans le cadre de son adresse à la Nation, le Président Joseph Kabila Kabange a bien dit que seuls les Congolais doivent décider de leur sort. Dans la même logique, seuls les Angolais décident de leur sort. De notre vivant, nous devons donner un sens à l’Indépendance. C’est nous qui avons peiné pour l’arracher des mains des colonialistes portugais (…). Nous sommes en train de travailler pour trouver les moyens nécessaires afin de financer les élections. S’il y a une main qui veut bien nous aider, elle est la bien venue. Mais, nous ne voulons pas que par notre volonté, nous soyons sous pression extérieure. Nous le disons à notre population dans le cadre de la sensibilisation : nous devons nous sentir fiers d’être Angolais, de vivre sur la terre de nos ancêtres parce que ces dernier – c’est l’Histoire qui l’enseigne – avaient beaucoup lutté contre les influences extérieures. Nos rois et reines (…) avaient fortement résisté aux visées annexionnistes. Dès lors, comment voulez-vous que nous qui sommes leur descendance abdiquions ? Le recensement nous a permis d’enrôler 8 millions d’électeurs sur les 15 millions d’Angolais que nous sommes. C’est un pas très positif quand bien même certains pensaient que nous n’allions pas y parvenir ; cette opération ayant été financée et effectuée par nous-mêmes. La phase d’enregistrement terminée, il revient maintenant aux partis politiques à battre campagne. Le Gouvernement a décidé de donner à chaque formation politique une contribution financière pour que demain, après la défaite, il n’y ait pas accusation ou contre-accusation. Mais tout le monde rendra compte au Tribunal de la manière dont il aura géré ces fonds publics. La phase qui viendra est celle où le Président Eduardo Dos Santos réunira le Conseil National de la République, structure composée de dirigeants des partis politiques présents à l’Assemblée nationale, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, le ministre de la Défense nationale, le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque centrale, le président de la Fédération des entreprises congolaises… Il sera tour à tour procédé à la présentation du rapport du ministre de la Coordination provinciale qui coiffe les provinces et dirige les opérations d’enrôlement, à sa vérification et sa contre-vérification avant de tirer les conclusions qui comprendront entre autres éléments l’évaluation des moyens financiers dégagés ou à dégager. C’est au regard de ces conclusions que le Président va demander ou faire une proposition de date. Le Conseil est convoqué pour ce mois de décembre. Par rapport à la question que vous me posez, je rappelle la situation que nous avions vécue lorsque nous avions besoin d’appui financier et matériel de la part des partenaires extérieurs. Ils nous répondaient par un refus catégorique. Si, aujourd’hui, nous recourons une fois de plus à eux et qu’ils nous disent qu’ils ne peuvent rien nous donner, allons-nous croiser les doigts ? Voilà pourquoi nous voulons compter d’abord sur notre caisse, selon les prévisions, les discussions et les conclusions qui seront tirées de la réunion du Conseil National de la République…

GPA : Parlons maintenant coopération bilatérale entre l’Angola et la RDC. Combien de domaines couvre-t-elle ? Que sont ces domaines ?

JBM : Puisque vous êtes très intéressés par la question des dividendes, je crois qu’au retour de la délégation angolaise reliée à la visite du Président Joseph Kabila Kabange à Luanda, il vous a été fait l’état des accords signés à partir des projets discutés, analysés, enrichis et conclus. Nous voulons un mariage d’intérêt commun. Aujourd’hui, nous évoluons dans un monde d’interdépendance, le village globalisé. Mais si voulons aller dans ce cadre, nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur notre sous-région. Les potentialités dont nous disposons nous donnent, à nous Congolais et Angolais, les moyens d’aller avec une conviction certaine devant ce défi historique. Aussi, l’Angola et le Congo s’apprêtent-il à l’exploitation du pétrole dans la zone d’intérêt commun situé entre Moanda et Soyo. Il y a du pétrole que nous devons exploiter ensemble pour en jouir mutuellement les dividendes. Dans les zones où il y a du gaz, l’Angola est en train de construire des usines appropriées. Naturellement, le gaz congolais y aura accès. C’est à l’avantage de votre pays. Nous voulons en plus jeter un pont sur le fleuve. Passant par Muanda pour atteindre la province cabindaise du Cabina, ce pont historique – jamais construit en Afrique – est une fierté pour nos deux pays. Il aura à résoudre les problèmes de communication dans la sous-région. C’est au bénéfice du commerce et du transport ; les marchandises pouvant être déposées du côté de Soyo et du côté de Muanda. Il y a également la construction d’une autoroute de 24 m entre Boma et Muanda, en territoire congolais. Aujourd’hui, pour arriver à Muanda, surtout en saison pluvieuse, c’est tout un calvaire. Avec l’exploitation des minerais et avec le pont sur le fleuve, vous voyez bien le développement qu’aura la sous-région. N’oublions pas que Muanda est une zone balnéaire qui pourrait être transformée en zone touristique. Vous savez combien le tourisme génère en milliards de dollars. Le Congo réunit toutes les conditions pour y lancer le tourisme. Or, sans voie de communication, il n’y peut rien. Dans l’agriculture, il y a l’exploitation du bois. Dans l’agroalimentaire, il y a l’exploitation de la pêche. Au niveau des banques, je vous informe qu’il y a des orientations afin que les opérateurs économiques angolais et congolais se croisent en vue de réaliser des projets dans les deux pays. Donc, nous avons un champ largement ouvert impliquant tout un tas de projets qui nous unissent et qui nous identifient dans le cadre du village planétaire.

GPA : Son Excellence le Président Edouardo Dos Santos, réagissant à la crise congolaise en sa qualité de Président en exercice de la Sadc, a récemment déclaré que « La paix et la stabilité de la Rdc sont un facteur déterminant pour le développement socioéconomique de la sous-région de la SADC. Par conséquent, nous ne devons pas rester indifférents face à tous ceux qui constituent un obstacle à un retour de la paix au Congo Oriental ». Concrètement parlant, que faut-il entendre par « ne pas rester indifférents ». C’est bien un langage de guerre…

JBM : Cette question, vous l’interprétez mal. « Ne pas être indifférents, c’est dans la solidarité ». Comment voulez-vous vivre seul parce que vous avez la paix, vous avez la tranquillité chez vous pendant qu’à côté, votre voisin est en train de pleurer ? Ce n’est pas africain, ça ! Ce qui est africain, ce qui est acceptable, c’est qu’on reconnaît les vrais amis dans les moments difficiles. Pendant que vous pleurez, celui qui vous approche dans sa solidarité, qui vous tend la main, c’est celui-là votre ami véritable. Or, nous sommes dans un cadre de paix et de sécurité. L’expérience montre que lorsqu’un pays n’est pas en paix ni en sécurité, il ne peut ni progresser, ni se développer. Compte tenu de vos potentialités, la base du progrès que vous recherchez est la paix, la sécurité. Ce qui se passe, par exemple, à l’Est préoccupe tout le monde et empêche qu’on consacre même un peu d’attention à l’économie, au social. Le Président Eduardo Dos Santos fait un appel de solidarité agissante lorsqu’au Congo, il y a insécurité, lorsqu’au Congo quelqu’un menace la paix ces derniers temps. C’est dans ce sens qu’il faut entendre son message. Je vous rappelle que notre Chef de l’Etat est le présidence en exercice de l’organisme en charge de la paix et de la sécurité au niveau de l’Union africaine en même temps qu’il est le président en exercice de la Sadc. Toutes ses qualités font de lui une personnalité intéressée par tout ce qui permet l’effacement du spectre de la guerre en RDC, tout ce qui permet la consolidation de la réconciliation nationale dans ce pays. Comme on l’a déjà fait en Afrique du Sud dans le cadre du Dialogue intercongolais. Vous avez fait un pas extraordinaire dans la bonne direction. Vous ne pouvez imaginer ce que nous ressentons, nous autres, lorsque nous voyons des gens qui ne pouvaient même pas se regarder en face évoluer ensemble dans les institutions issues des urnes. L’Angola aura contribué pour beaucoup à ce stade où le Congo a aujourd’hui des institutions qui fonctionnent normalement, à la grande satisfaction de tout le monde.

GPA : Avant de terminer, Excellence, nous en venons à votre mandat. Voici une dizaine d’années que vous êtes en poste à Kinshasa ; vous êtes même devenu le Doyen du corps diplomatique. Quels sont les faits ayant marqué votre mandat d’abord en qualité d’Ambassadeur d’Angola, ensuite de Doyen du corps diplomatique ?

JBM : Je suis content de me trouver ici. Vous vous souviendrez que je suis arrivé dans ce pays presque une semaine avant l’embrasement de l’Est (ndlr : guerre du 2 août 1998). C’est dans ce climat de tension que j’ai vécu, mais aussi climat de négociations, climat de tractations, climat d’opérations militaires, climat d’incertitudes et climat de certitudes que je connais par les bouts de mes doigts. Même lorsque certains collègues diplomates ne pouvaient pas rester parce que les balles s’entrecroisaient par-dessus nos têtes, nous, Angolais, sommes restés avec vous. Nous n’avons pas eu peur pour nos vies. Nous avons contribué au retour du Congo à l’ère de la paix. Quant à nous, nous pensons avoir vécu une expérience unique ; une expérience résultant de celle que nous avions connue, nous-mêmes, en Angola et dont nous savions évaluer les conséquences, surtout quand il s’agit d’une guerre, d’une déstabilisation, d’une confrontation autour des intérêts qui sont loin d’être les nôtres. Nous sommes en poste effectivement depuis une dizaine d’années, et de ce fait, nous devons les plus anciens. Nous avons vu partir ceux avec qui nous avons présenté les lettres d’accréditation, et ceux qui nous ont suivis. Il me semble que la réalité congolaise a trouvé en nous une aide. Au demeurant, il y a là une explication claire. En effet, au moment où nous sommes partis d’Angola pour venir ici, le Président Dos Santos nous a dit : « vous n’êtes pas seulement Ambassadeur ; vous êtes aussi Conseiller ». Ceci peut rejoindre la question posée il y a peu sur la nature de certaines positions prises par notre Chef de l’Etat. Quelqu’un qui accrédite son ambassadeur et en fait son conseiller, cela sous-entend la recommandation suivante : « allez-y, travaillez ensemble pour la promotion de nos deux pays et transmettez-leur notre expérience ». Voilà ce que nous avons toujours fait jusqu’à ce jour. Il n’y a pas de mystère en cela…

GPA : Excellence, avec votre autorisation, nous quittons la politique et l’économie pour parler sport. Votre pays, l’Angola, multiplie dans plusieurs disciplines comme le football, le basket et le handball des performances dans les compétitions africaines et mondiales. Peut-on en connaître le secret ?

JBM : Le secret, c’est le travail, l’union et la solidarité. Les aspects que je viens d’énumérer ont toujours milité dans la conscience de tout angolais. Et là, il n’y a pas de considérations politiques possibles. Quand, au niveau de toutes ces disciplines que vous venez d’énumérer, vous remarquez que nos filles sont très avancées pour défier celles qui se considèrent supérieures aux autres, la réalité est qu’il n’y a pas de supériorité sacrée ; il y a seulement l’engagement physique et intellectuel (ndlr : allusion est faite aux handballeuses participant à la Coupe du Monde en France). Au niveau du football, bien des gens doutaient de ce qui allait être notre participation à la Coupe du Monde en Allemagne. Nous avons démontré ce dont nous étions capables. Nous sommes sortis avec deux matchs nul et une défaite. Et quelle défaite encore, lorsque les Portugais tremblaient. Au niveau du basket, nous sommes champions – je dirais – éternels d’Afrique. Je vous dis que c’est la volonté de vaincre, la volonté de défier ce passé qui nous a beaucoup endeuillés. Les victoires engrangées n’appartiennent ni à la majorité, ni à l’opposition. Ce sont des victoires nationales. C’est le résultat de toute une politique nationale qui implique le Chef de l’Etat, le Gouvernement, les associations civiles et les partis politiques parce que chaque élément de la population inclus dans de ces équipes afin de valoriser le nom de l’Angola sait qu’il le fait pour tout le monde. Donc, nous avons cet amour, cette volonté d’aider ces gens-là dans leur entreprise personnelle mais qui, au demeurant, avec les résultats se transforment en un résultat national. Le secret, c’est la conscientisation de la population, l’amour envers son pays pour ceux qui pratiquent les disciplines précitées et qui bénéficient des appuis matériels prévus pour sanctionner les efforts des uns et des autres. Voilà l’Angola qui est en train de faire des progrès à peine réconciliés il y a cinq ans. C’est pourquoi, nous disons : voici 25 ans que nous avons perdus ! Or, si nous avons commencé il y a 25 ans, les résultats seraient plus que consolidés et nous aurions pu défier n’importe qui, comme nous essayons de le faire maintenant. Quand nous sommes devant des Européennes, des Asiatiques et des Américaines, nous ne le faisons pas avec un complexe. Nous considérons que quelle que soit la discipline, la réalité est que nos handballeuses ont une certaine avance sur leurs adversaires (ndlr : l’interview a été recueillie au moment où l’Angola est arrivée en quart de finale). Il n’y a pas de miracle ; c’est le travail.

GPA : Le mot de la fin…

Joâo Batista Mawete : ... que la solidarité entre nos deux pays et nos deux peuples s’éternise et que le spectre d’invention et de montage s’écarte parce que ça peut diminuer l’impact de notre mariage, de notre association, de notre collaboration, de notre coopération. Ce que nous voulons, c’est la promotion, la victoire du peuple congolais et du peuple angolais. Transcription :

Source: L'Avenir RDC

Omer Nsongo die Lema


Ambassadeur d’Angola en RDCJ.B.Mawete : « Notre budget est de Usd 33 milliards » (L'Av)

Quelques vérités assommantes du diplomate angolais : * Sur le budget : " C’est notre budget à nous, c’est notre caisse à nous, avec la collaboration de ceux qui veulent bien financer nos projets économiques et sociaux " * Sur les contrats avec la Chine :

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